Face à la dette technique des frameworks front-end, Solaris de Runway élimine le code en diffusant des interfaces directement en pixels grâce à ses modèles Gen-4.5 et GWM-1. Les équipes conçoivent des outils métiers instantanés et sur-mesure, réduisant les temps de développement et de maintenance de 70 %. La génération de code assistée par IA accélère la création d'interfaces, mais elle conserve généralement une étape de traduction entre une intention visuelle et une représentation logicielle exploitable par le navigateur. Runway part précisément de cette contrainte pour expérimenter avec Solaris une interface générée directement dans le domaine visuel. Les limites de la traduction visuel-vers-code : Selon Runway, convertir une conception visuelle en représentation intermédiaire peut entraîner une perte de fidélité et impose de prédéfinir une partie des comportements possibles. La contrainte des interactions programmées : Les interfaces classiques reposent sur des comportements prévus à l'avance, alors que Solaris cherche à interpréter des clics, glissements, saisies et autres interactions au fur et à mesure de la génération. La recherche d'interfaces plus adaptatives : Le modèle ouvre la voie à des expériences visuelles capables d'évoluer en fonction du contexte et des actions de l'utilisateur plutôt que de se limiter à une succession d'écrans préconçus. Si cette architecture atteint à terme un niveau suffisant de fiabilité, de coût et d'accessibilité, elle pourrait réduire une partie du travail d'implémentation nécessaire à certaines expériences fortement visuelles. Runway présente toutefois Solaris comme une technologie encore expérimentale et non comme un remplacement général des architectures web actuelles. Solaris ne signe pas la disparition du Web structuré en HTML, mais il matérialise une hypothèse jusque-là largement expérimentale : certaines interfaces pourraient devenir des flux visuels continuellement générés plutôt que des assemblages d'écrans entièrement déterminés à l'avance. En observant la proposition de Runway, je perçois une mutation possible dans la nature même du logiciel. L'interface ne serait plus nécessairement un monument de composants rigides, sculpté à grand renfort de frameworks JavaScript, mais pourrait devenir une couche plus fluide, générée selon l'utilisateur, son contexte et ses actions. Cette fluidité potentielle m'enthousiasme autant qu'elle invite à la prudence. D'un côté, elle pourrait permettre de matérialiser des expériences interactives difficiles à coder exhaustivement. De l'autre, la perte de déterminisme, les problèmes de texte, l'accessibilité et la difficulté à garantir qu'une expérience générée reste correcte posent des défis considérables. La piste la plus crédible pourrait donc être celle d'architectures hybrides : une couche générative pour les interactions et la personnalisation, associée à des systèmes structurés pour les données, les transactions, la sécurité et l'accessibilité. Solaris ne démontre pas encore que le code disparaîtra ; il montre surtout que l'interface elle-même pourrait devenir un nouveau terrain de génération en temps réel.