La latence et le coût des allers-retours API freinent la refonte d'interfaces complexes. Avec Harness 2, Framer intègre un runtime JavaScript compilé à la volée dans des Web Workers. Résultat : une exécution directe sur l'arbre de composants, 50 % d'étapes d'outils en moins et une facture d'inférence réduite d'un tiers pour les équipes produit. Dans le design web assisté par IA, la qualité du modèle ne fait pas tout. La façon dont l'agent accède aux pages, aux composants et aux styles joue un rôle décisif : une simple mise à jour de charte graphique peut toucher des dizaines de pages et des centaines de propriétés. À chaque lecture suivie d'une nouvelle requête au modèle, le temps d'attente et la quantité de contexte échangé peuvent augmenter. Harness 2 cible précisément cette couche d'orchestration, souvent moins visible que la génération de contenu elle-même. Le premier moteur de Framer utilisait un langage de commandes dédié pour créer des nœuds ou modifier leurs propriétés. Il pouvait afficher les changements au fil de leur arrivée, mais une opération dépendant d'une lecture précédente nécessitait parfois un nouvel aller-retour vers le modèle. Framer cite un exemple parlant : remplacer une couleur réutilisée dans tout un document, sans répéter une instruction pour chaque élément. Avec Harness 2, la lecture, le choix et l'écriture peuvent s'enchaîner dans le même programme. Cette évolution prolonge les travaux de l'éditeur sur les agents et sur Framer Skills pour automatiser le design sans dérive . Mais l'objet est différent : les Skills orientent les comportements et les conventions de conception, alors que Harness 2 change le moteur d'exécution des tâches. Framer rapproche ainsi les décisions de l'agent de l'état du document, notamment grâce à une copie en mémoire utilisée par le Web Worker. Cette distinction est importante : on parle ici d'une amélioration d'infrastructure, pas d'un nouveau modèle IA ou d'un bouton magique de création de sites. « J'ai longtemps regardé les agents IA comme des assistants capables de proposer. Ce qui m'intéresse aujourd'hui, c'est le moment où ils commencent à agir dans nos outils — et où notre responsabilité de créateurs devient encore plus importante. » — Le regard d'un explorateur IA, KingLand Je m'intéresse aux outils d'intelligence artificielle depuis assez longtemps pour reconnaître un phénomène récurrent : la démonstration spectaculaire capte tous les regards, alors que le véritable progrès se niche parfois dans un changement d'architecture presque invisible. Harness 2 appartient, à mes yeux, à cette seconde catégorie. Il ne promet pas de révolutionner notre goût, notre sens du détail ou notre capacité à raconter une histoire avec une interface. Il cherche d'abord à supprimer une partie de l'attente entre une décision et son exécution. Et pour quelqu'un qui navigue quotidiennement entre contenu, référencement, design et expérimentation numérique, cette nuance compte énormément. J'ai déjà vu combien une petite correction, répétée sur plusieurs pages, peut finir par occuper davantage d'attention que la réflexion créative qui l'a motivée. L'idée qu'un agent puisse lire un projet, agir sur plusieurs éléments cohérents et montrer le résultat au fil de son travail a donc quelque chose de très concret pour moi. Mais je refuse d'y voir un automatisme infaillible : Framer explique lui-même que l'exécution peut s'interrompre en laissant des changements déjà appliqués. Ce détail technique est aussi, à mes yeux, une leçon humaine. Plus l'outil va vite, plus nous devons savoir ce que nous lui demandons, ce que nous acceptons de déléguer et ce que nous voulons garder sous notre regard. Je me prends aussi à imaginer ce que cette logique pourrait changer dans mon propre travail éditorial. Je pense à ces sites dont les pages vieillissent à des rythmes différents, à ces chartes graphiques qui dérivent lentement, à ces métadonnées SEO qu'il faut harmoniser sans écraser les singularités de chaque article. Un jour, nous demanderons peut-être à un agent de parcourir tout un univers de contenus, de repérer les incohérences et de proposer, en quelques étapes lisibles, une série de corrections coordonnées. Ce n'est pas une capacité que Harness 2 garantit aujourd'hui dans tous les contextes ; c'est une perspective que son approche rend plus crédible. Et elle me fascine autant qu'elle m'interroge. Car à mesure que l'IA manipule mieux les structures, la vraie rareté se déplace : elle n'est plus seulement dans l'exécution, mais dans l'intention. Qu'est-ce qui mérite d'être changé ? Qu'est-ce qui doit rester imparfait, différent, personnel ? Où commence le confort de l'automatisation et où s'arrête notre exigence de créateur ? Je n'ai aucune envie d'un Web où chaque page serait lissée par des règles impeccables jusqu'à perdre sa voix. Je préfère imaginer un artisanat numérique augmenté, où l'agent prend en charge les répétitions et où l'humain garde la direction, le jugement, la sensibilité — parfois même le droit de dire « non, cette irrégularité-là fait partie de mon identité ». Si cette manière de travailler vous intrigue, je vous invite à découvrir Framer et son nouveau moteur Harness 2 : explorez une fonctionnalité sur un projet de test, observez ce que l'agent change réellement et faites-vous votre propre opinion sur cette nouvelle façon de créer.